Retour à tous

Le mot de fin d’année du chef de la direction : « Ne refaisons plus jamais ça »

Michael T. Brennan

 

Que dire de 2016, sinon « ne refaisons plus jamais ça »? Ce n’était peut-être pas la pire année que j’ai vue depuis les cinquante que j’existe, mais certainement dans le top deux.

On aurait dû le voir venir. À la fin décembre 2015, Ethan Couch, cet adolescent dont la défense a plaidé qu’il souffrait de « l’insatisfaction des gens qui ont tout » après qu’il ait tué quatre personnes au volant, a été épinglé au Mexique en cavale avec sa mère. La famille Couch est l’incarnation la plus pure du narcissisme que nous avons normalisé. Nous en subirons les effets dans les années à venir.

Il y a douze mois, j’étais convaincu que le Brexit et Trump étaient des distractions et que nous endiguerions la crise des réfugiés en Afrique du Nord et en Europe. J’étais convaincu qu’ici, l’indispensable réforme du système de santé irait de l’avant. J’avais bon espoir qu’il s’agissait d’épreuves que nous devions surmonter ensemble, qui nous montreraient que nous étions capables de maîtriser nos instincts ignobles et de faire preuve d’un peu de bon sens. Eh non!

 

 

« Parce que même dans les pires moments, les bonnes nouvelles sont possibles, je vais garder espoir pour 2017. »

 

Inutile de revenir en détail sur les événements au Royaume-Uni et aux États-Unis... Je me limiterai à dire que dans les prochaines décennies, on se rappellera de 2016 comme l’année où la démocratie a été repoussée dans ses derniers retranchements. Même ici, nous venons d’assister à une tentative des gouvernements fédéral et provinciaux de mettre en place un financement stable pour la santé et des priorités nationales pour améliorer le système. Les solutions sont évidentes, bien documentées et faciles à mettre en œuvre. Et pourtant, la démarche s’est terminée comme tant de choses cette année : dans un concert de récriminations et de pointages de doigts, sans que personne ne puisse prendre un risque de façon éclairée.

Les choses vont rarement aussi mal qu’elles en ont l’air (1914 et 1939 étant les affreuses exceptions). Peut-être arriverons-nous à reculer du précipice, mais je ne m’aventurerai plus à faire des prédictions sur ce genre de choses. Mon optimisme a déjà été suffisamment mis à mal.

Cela étant, nous avons aussi eu droit à quelques lueurs d’espoir en 2016. Les efforts du Canada pour accueillir les réfugiés syriens, par exemple – inspirants. Les Cubs de Chicago ont remporté la Série mondiale. L’économie de la Grèce a crû de 2 %. Le nombre de membres de l’ACP a augmenté de 2,7 %.

Quelques notes positives, donc, dans cette triste symphonie.

Parce que même dans les pires moments, les bonnes nouvelles sont possibles, je vais garder espoir pour 2017.

Nous devons tous faire ce que nous pouvons pour nous préparer à renouer avec une époque où les politiques publiques seront élaborées de façon censée, où les preuves pèseront plus que les sentiments.

Voyons 2017 comme une année à refaire et soyons reconnaissants que, malgré nos efforts pour tout bâcler, nous vivons dans une société stable et ouverte qui nous donne une deuxième, une troisième et même une quatrième chance de faire mieux que nous le méritons.

 

 

Michael Brennan,  @miketbrennan 
Directeur Général​
L’Association canadienne de physiothérapie (ACP)

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